logo EFORfrise entete EFOR

 La roussette

     

 Contact 

Sylvie MAZAN, UMR 7150, Station Biologique de Roscoff,
Laurent LEVEQUE, Station Biologique de Roscoff, Service Mer et Observation,

 Mode de reproduction 

Fécondation interne, espèce ovipare.
Pas de saisonnalité marquée, mais la fréquence des pontes présente un maximum entre mars et juin. Les pontes sont peu abondantes : 2 oeufs par femelle toutes les 2 à 3 semaines et ce, au pic des pontes.
Le cycle de vie long, les femelles atteignant la maturité sexuelle à l'âge de 6 à 8 ans. L'obtention d'embryons repose donc actuellement uniquement sur l'utilisation de reproducteurs issus des populations sauvages et maintenus en captivité.


 Disciplines principales 

Ecotoxicologie
Biologie évolutive (Evolution-développement, Evolution-physiologie)
Génomique comparative


 Infrastructures 

Production d'embryons en France : le Service Mer et Observation de la Station Biologique de Roscoff a développé un programme dédié à l'optimisation des conditions de maintien des reproducteurs et est actuellement le seul centre structuré en Europe. Production de plus de 8 000 oeufs en 2008, objectif de 20 000 oeufs/an - Contact : Laurent Lévèque.

Approches moléculaires et expérimentales, laboratoire pilote : Equipe Développement et évolution des vertébrés, UMR 7150 Station Biologique de Roscoff- Contact : Sylvie Mazan.

UPR 9034, Evolution, Génomes et Spéciation, Equipe Evolution moléculaire et fonctionnelle des familles multigéniques :
http://www.legs.cnrs-gif.fr/evo-devo.php?lang=fr

UMR 100 IFREMER-UCBN - Physiologie et Ecophysiologie des Mollusques Marins :
http://www.unicaen.fr/ufr/ibfa/umr100/pe2m/...

UMR 7221, CNRS-MNHN, équipe Développement et évolution des systèmes neurosécréteurs :
http://www.mnhn.fr/rddm/usm501/index.php...


 Databases 

Collection d'ESTs interne pour l'instant, base de données de 250 000 ESTs embryonnaires, collection de clones correspondants, consultable sur requête auprès de S. Mazan.
Banque de BACS ordonnée, 200 000 clones, 150 kb de taille moyenne de fragment inséré.
Table de développement : la plus couramment utilisée est Ballard et al. 1993. J. Exp. Zoology 267 :318-336.




 Introduction 

La petite roussette, Scyliorhinus canicula (S. canicula), est un requin de petite taille appelé communément saumonette. Elle est présente en abondance en Méditerranée et Atlantique Nord et Est. Son maintien en laboratoire est possible avec des infrastructures adaptées disponibles dans plusieurs stations marines en Europe, même si les temps de développement sont incompatibles avec un élevage proprement dit. Aujourd'hui, la petite roussette est l'espèce candidate pour devenir le modèle de référence du groupe des chondrichtyens (poissons cartilagineux), groupe frère des ostéichtyens (poissons osseux). Elle présente tous les grands caractères morphologiques des gnathostomes (membres pairs, dents vraies, ceintures scapulaires et pelviennes…). Elle présente aussi des caractéristiques physiologiques et des organes sensoriels complexes. Son étude est d’un intérêt majeur pour la compréhension de l'origine et la diversification des gnathostomes, et plus généralement dans toute approche comparative systématique à l'échelle des gnathostomes. Il s’agit en particulier d’une espèce clé pour l'identification des caractères dérivés propres aux deux sous-groupes des ostéichtyens: les actinoptérygiens et les sarcoptérygiens. Les possibilités d’obtention d’embryons, la disponibilité d’approches fonctionnelles établies (traitements pharmacologiques in ovo) et les développements en cours (culture d’embryons, électroporation, applications de billes imprégénées) en font actuellement un organisme modèle incontournable chez les chondrichtyens.


 Données générales 

Scyliorhinus canicula
Classification phylogénétique : Chordé, Vertébré, Chondrichtyen, Galéomorphe, famille des Carcharhiniformes
Le séquençage génomique fait aujourd’hui l’objet de plusieurs demandes soumises ou en cours de préparation (ANR, Génoscope ; coord. S. Mazan).
Taille du génome : 3.34 milliards de paires de bases (estimation : D. Chassoux et S. Mazan, communications personnelles).
Nombre de gènes putatifs non déterminé en l’absence d’une séquence de génome. Les données disponibles montrent cependant (1) que les deux séries de polyploïdisation intervenues à l’origine des vertébrés ont précédé la radiation des gnathostomes et (2) qu’aucune indication de polyploïdisations supplémentaires (telles que celles intervenues chez les actinoptérygiens) n’a été obtenue. Ces caractéristiques font de la roussette un groupe externe idéal pour reconstruire le génome ancestral des gnathostomes et identifier les pertes et gains de gènes intervenus chez les grands groupes d’ostéichtyens.


          

 Outils disponibles 

Banques de BACs et d'ESTs
Approches moléculaires et fonctionnelles possibles : Hybridation in situ, immunohistochimie
Traitements pharmacologiques in ovo


 Bibliographie 

Article :
« Towards a synthetic view of axis specification mechanisms in vertebrates: insights from the dogfish. », Coolen M., Menuet A., Mazan S., C R Biol., 2009, (disponible ici)
« Evolution of genetic networks underlying the emergence of thymopoiesis in vertebrates. », Bajoghli B. et al., Cell, 2009 (disponible ici)
« The dogfish Scyliorhinus canicula, a reference in jawed vertebrates. », Coolen, M., Cold Spring Harbor Press Chapter 21 pp 431-446., 2008
« A molecular analysis of neurogenic placode and cranial sensory ganglion development in the shark, Scyliorhinus canicula. », Guérin A. et al., PLoS One., 2009 (disponible ici)
« Cyclostome studies in the context of vertebrate evolution. », O'Neill P., McCole RB., Baker CV., Dev Biol., 2007 (disponible ici)
« Biphasic Hoxd gene expression in shark paired fins reveals an ancient origin of the distal limb domain. », Freitas R., Zhang G., Cohn MJ., PLoS One., 2007 (disponible ici)
« Evidence that mechanisms of fin development evolved in the midline of early vertebrates. », Freitas R., Zhang G., Cohn MJ., Nature, 2006 (disponible ici)