La position des cnidaires en dehors du clade des Bilateria en fait un groupe privilégié pour les études évolutives, en particulier concernant l'origine et l'évolution du système neuro-sensoriel et des muscles. Ils sont en effet, avec les cténaires, les seuls animaux non-Bilateria à posséder des neurones et des cellules musculaires. Le cnidaire Clytia hemisphaerica est un modèle d'étude privilégié pour ce phylum. En effet, il est possible de le cultiver et d'en contrôler le cycle de vie complet en laboratoire. Puisque les colonies se reproduisent de façon clonale, et que les souches utilisées sont croisées entre elles depuis plusieurs générations, il existe de plus en laboratoire une homogénéité génétique favorisant les études fonctionnelles de gènes. Les œufs et les embryons de Clytia hemisphaerica sont larges et transparents, ce qui facilite les expérimentations à ces différents stades. Enfin, le cycle de vie comporte non seulement une génération polype (coloniale, fixée et d’organisation assez simple) mais aussi une génération méduse planctonique, beaucoup plus complexe. La méduse est capable de nage active, possède un système nerveux différencié (avec anneaux et cordons nerveux), des organes sensoriels d’équilibration, et des muscles striés. Toutes ces caractéristiques font défaut chez les cnidaires sans méduses comme l’hydre d’eau douce ou l’anémone de mer Nematostella vectensis.
Clytia hemisphaerica
Classification phylogénétique : cnidaire de la famille des Campanulariidae
Appartient aux Leptothecata, Hydroidolina, Hydrozoa, Cnidaria
Génome en cours de séquençage au Genoscope
Environ 450 millions de paires de bases pour le génome haploïde
Nombre de gènes putatifs inconnu
Collection d'environ 90 000 ESTs